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La peur de ne plus être victime : sortir du rôle sans nier ce que vous avez vécu

  • Photo du rédacteur: Georges Gallien
    Georges Gallien
  • 17 oct. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Sortir du rôle de victime sans nier ce que vous avez vécu

 

Deux chaises dans la lumière.

 

L’une est vide.

 

L’autre attend.

 

Il arrive parfois un moment étrange après une relation qui a blessé, épuisé ou pris beaucoup trop de place.

 

Vous savez ce qui s’est passé.

 

Vous savez ce que vous avez vécu.

 

Vous avez peut-être passé des mois ou des années à comprendre, analyser, raconter, chercher des explications.

 

Et pourtant, quelque chose reste accroché.

 

Vous voulez avancer.

 

Mais avancer pose parfois une question beaucoup plus inconfortable qu’elle n’en a l’air :

 

si je ne suis plus la personne à qui cela est arrivé, alors qui suis-je maintenant ?

 

C’est là que peut commencer la peur de ne plus être victime.

 

Non pas parce que vous aimeriez souffrir.

 

Mais parce qu’une histoire répétée suffisamment longtemps peut finir par devenir un repère.

 

Femme s’éloignant d’une chaise laissée derrière elle, symbole d’une identité qui ne se réduit plus à ce qu’elle a subi.


Avoir été victime et rester dans le rôle de victime ne sont pas la même chose

 

Il faut commencer par cette distinction.

 

Vous pouvez avoir réellement été victime.

 

D’une violence.

 

D’une manipulation.

 

D’une humiliation.

 

D’une trahison.

 

D’une relation profondément déséquilibrée.

 

Sortir du rôle de victime ne consiste absolument pas à réécrire cette histoire.

 

Cela ne signifie pas :

 

« Ce n’était finalement pas si grave. »

 

Cela ne signifie pas davantage :

 

« J’en étais responsable. »

 

Les faits restent les faits.

 

La question porte sur autre chose :

 

quelle place occupent-ils encore aujourd’hui dans votre vie ?

 

Votre histoire peut expliquer certaines blessures sans devoir déterminer indéfiniment votre identité, vos relations et vos décisions.

 

Pourquoi perdre ce rôle peut faire peur

 

Lorsque vous avez dû lutter longtemps, la lutte devient familière.

 

Il existe celui ou celle qui vous a fait du mal.

 

Ceux qui l’ont vu.

 

Ceux qui ne vous ont pas cru.

 

Ceux qui auraient pu agir.

 

Ceux qui vous ont soutenu.

 

Il y a parfois aussi l’attente.

 

Attendre des excuses.

 

Une reconnaissance.

 

Une réparation.

 

Une justice.

 

Un jour où l’autre comprendra enfin ce qu’il vous a fait.

 

Tout cela finit par créer une architecture intérieure.

 

Et lorsqu’elle commence à tomber, il ne reste pas immédiatement de la paix.

 

Il peut d’abord rester du vide.

 

Un entre-deux.

 

Vous ne luttez plus exactement comme avant, mais vous ne savez pas encore comment vivre autrement.

 

Ce vide ne signifie pas que vous devriez retourner vers la douleur.

 

Il peut simplement être l’espace laissé libre par quelque chose qui occupait énormément de place.

 

Quand la colère ne suffit plus

 

La colère peut être nécessaire.

 

Elle peut dire :

 

« Cette limite a été franchie. »

 

Elle permet parfois de sortir de la confusion et de remettre une responsabilité là où elle appartient.

 

Mais la colère ne produit pas toujours la suite.

 

Vous pouvez savoir parfaitement qui vous a blessé.

 

Vous pouvez avoir raison sur les faits.

 

Vous pouvez même obtenir que d’autres reconnaissent ce qui s’est passé.

 

Et continuer malgré tout à consacrer une immense quantité d’énergie à cette personne.

 

Alors quelque chose change.

 

La question n’est plus seulement :

 

« Pourquoi m’a-t-il fait cela ? »

 

Elle devient :

 

« Combien de place est-ce que cette histoire occupe encore en moi ? »

 

Sortir du rôle de victime ne signifie pas pardonner

 

Vous n’avez pas besoin de pardonner.

 

Vous n’avez pas besoin de comprendre l’autre.

 

Vous n’avez pas besoin de lui souhaiter du bien.

 

Et vous n’avez certainement pas besoin d’oublier.

 

Sortir du rôle de victime consiste plutôt à ne plus laisser votre reconstruction dépendre entièrement de ce que l’autre fera un jour.

 

Parce qu’il se peut qu’il ne reconnaisse jamais les faits.

 

Qu’il ne présente jamais d’excuses.

 

Que la réparation espérée n’arrive pas sous la forme attendue.

 

Attendre cela peut laisser votre vie suspendue à quelqu’un dont vous essayez justement de vous dégager.

 

Le mouvement commence alors ailleurs.

 

Retrouver ce qui dépend encore de vous

 

Vous n’avez peut-être pas choisi ce qui vous est arrivé.

 

Mais certaines choses peuvent progressivement redevenir les vôtres.

 

Votre temps.

 

Votre attention.

 

Vos limites.

 

Vos relations.

 

Vos décisions.

 

La façon dont vous voulez désormais être traité.

 

Ce que vous acceptez encore.

 

Ce que vous ne voulez plus porter.

 

Ce déplacement ne transforme pas la victime en coupable.

 

Il lui rend simplement une marge d’action.

 

Une phrase peut résumer ce passage :

 

« C’est arrivé. Cela a compté. Mais cela ne décidera pas seul de la suite. »

 

Quand votre histoire devient une partie de votre identité

 

Ce phénomène n’est pas uniquement une image littéraire.

 

Les chercheurs Dorthe Berntsen et David Rubin ont travaillé sur la centralité de l’événement : la manière dont un événement très marquant peut devenir un point de référence dans l’histoire que nous racontons sur nous-mêmes et dans notre identité.

 

Cela ne signifie pas qu’une personne « choisit d’être victime ».

 

Ce serait beaucoup trop simple.

 

Cela signifie qu’un événement peut devenir tellement central qu’il influence la manière dont de nouvelles situations sont interprétées.

 

Et c’est précisément là que le travail peut changer de nature.

 

Il ne s’agit plus seulement de comprendre ce qui s’est passé.

 

Il s’agit de regarder ce que cette histoire continue à organiser aujourd’hui.

 

Vous n’avez pas besoin d’effacer ce que vous avez vécu

 

Sortir du rôle ne signifie pas retirer un chapitre du livre.

 

Cela signifie cesser d’en faire le titre de tout le livre.

 

Vous pouvez garder la mémoire.

 

La colère parfois.

 

La prudence.

 

Les enseignements.

 

Les limites découvertes depuis.

 

Vous pouvez même continuer à considérer ce qui vous est arrivé comme profondément injuste.

 

Mais votre identité peut redevenir plus vaste que cette histoire.

 

Vous êtes aussi ce que vous aimez.

 

Ce que vous construisez.

 

Les personnes que vous choisissez.

 

Les limites que vous posez.

 

Ce que vous voulez désormais protéger.

 

Et ce que vous voulez commencer.

 

Une précision importante sur l’auto-victimisation

 

Le terme auto-victimisation existe bien.

 

Psychologue.net le décrit comme un processus dans lequel une personne se positionne dans une place de victime.

 

Mais ce terme doit être utilisé avec prudence.

 

Il ne permet pas de conclure qu’une personne n’a pas réellement été victime.

 

Et il ne doit pas devenir une manière élégante de lui dire :

 

« Si vous souffrez encore, c’est désormais de votre faute. »

 

Ce serait précisément manquer la distinction essentielle de cet article.

 

Il existe les faits.

 

Puis ce que ces faits sont devenus dans votre vie.

 

Les deux peuvent être regardés séparément.

 

Pour aller plus loin

 

Il arrive un moment où comprendre l’autre ne suffit plus.

 

Vous connaissez peut-être déjà son fonctionnement.

 

Vous savez peut-être parfaitement pourquoi cette relation vous a fait mal.

 

Mais vous ne savez toujours pas ce qui vous retient aujourd’hui.

 

C’est là que la question devient plus personnelle :

 

qu’est-ce qui, dans cette histoire, continue encore à décider pour vous ?

 

Pas pour chercher un responsable supplémentaire.

 

Pas pour effacer celui qui existe déjà.

 

Mais pour retrouver ce qui peut redevenir votre choix.

 

Vous n’avez rien à prouver.

 

Et vous n’avez pas besoin de nier votre histoire pour commencer à sortir de la place qu’elle occupait. Pour aller plus loin

Vous n’avez peut-être plus besoin d’une nouvelle explication sur l’autre.

Vous avez peut-être besoin de voir où vous en êtes, vous.

Ce qui tourne encore.

Ce que vous avez déjà essayé.

Ce qui vous retient.

Et ce qui pourrait constituer un premier mouvement.

Faire le point peut vous aider à remettre vos propres éléments à plat, sans vous demander de prendre immédiatement une décision.

 


 Vous avez compris beaucoup de choses sur ce qui s’est passé, mais vous ne savez toujours pas quoi faire de ce qui reste aujourd’hui ? Vous pouvez faire le point à partir de votre propre situation pour distinguer ce qui vous appartient encore, ce qui appartient à l’autre et ce qui peut maintenant redevenir votre choix.

#SortirDuRoleDeVictime #ReconstructionDeSoi #RelationDEmprise #ClarteInterieure #Relations #Limites #CoachingRelationnel Source : Extrait : « L’auto-victimisation est un processus psychique où l’individu se positionne dans une place de victime. » psychologue

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